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29/12/2007

Mutinerie à la prison de Saint-Denis de La Réunion

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Ça se passe à La Réunion, comme pour Miss France, mais c'est un sujet plus grave, qui certainement ne fera pas la Une de l'ensemble des médias ni un score exceptionnel de visites sur les sites internet.

Une mutinerie s'est produite, dans la nuit de dimanche à lundi, à la prison de Saint-Denis. Les détenus protestaient contre leurs conditions de détention. Le départ de la mutinerie s'est produite vers 23 heures locales quand des détenus ont forcé la porte de leurs cellules, puis, dans un mouvement de révolte ont libéré d'autres prisonniers. Très vite le groupe d'intervention de la police nationale (GIPN) s'est rendu sur place. Une heure après leur intervention, la situation redevenait calme.
La prison de Saint-Denis, d'une capacité de 123 places, accueillie 300 prisonniers.
Une surpopulation carcérale ajoutée à une forte chaleur qui règne à la Réunion : voilà les deux détonateurs de cette mutinerie.
vidéo sur antenne réunion

photo d'archive paul a. cuenca 

24/12/2007

Agen : manifestation de soutien aux prisonniers politiques basques en présence de Philippe Bidart

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L'ancien chef d'Iparetarrak, Philippe Bidart, est venu hier, à Agen, pour manifester sa solidarité avec les prisonniers politiques emprisonnés à la maison d'arrêt de la préfecture du Lot-et-Garonne. (photo paul a. cuenca)

Hier, ils étaient une cinquantaine de militants basques autour de Philippe Bidart, l'ancien chef d'Iparetarrak, à manifester autour de la maison d'arrêt de la préfecture du Lot-et-Garonne. Un déplacement en soutien aux prisonniers politiques basques, Mizel Barnetxe et Saroia Galarraga, actuellement en détention à la prison d'Agen. Philippe Bidart, en liberté conditionnelle depuis le 14 février dernier savait fait le déplacement spécialement de Béziers où il séjourne actuellement. Les militants basques étaient venus, eux, en car depuis Saint-Pé-sur-Nivelle, au pays Basque, après quatre heures de route. Philippe Bidart, coiffé de son traditionnel béret, marchait en tête du cortège. C'était sa première sortie hors de Béziers où, liberté conditionnelle oblige, il doit travailler sept ans comme animateur social au sein d'une association qui accompagne les immigrants et les sans papiers. L'ancien chef historique du mouvement indépendantiste basque est interdit de séjour dans plusieurs départements de l'Aquitaine, excepté le Lot-et-Garonne. Les manifestants, à deux reprises se sont retrouvés devant la maison d'arrêt avec pétards, coups de klaxon, chants basques et slogans clamant fièrement : "Les prisonniers basques à la maison". C'étaient pour eux leur manière d'indiquer leur présence aux prisonniers Mizel Barnetxe et Saroia Galarraga, à l'intérieur de la prison d'Agen. A deux reprises, Mizel Barnetxe a répondu à ses camarades.
Philippe Bidart n' pas souhaité faire de grande déclaration, il a juste expliqué que "la situation des prisonniers politiques est injuste. Ils doivent être libérés".
Pour cette militante présente hier à Agen "Mizel et Saroia sont emprisonnés à Agen, parce qu'ils luttaient pour les droits du peuple basque. Les preuves de leur culpabilité sont bricolées par le pouvoir répressif. Mizel a été arrêté avec quatre autres camarades, pour la gloire des juges anti-terroristes parisiens." En ce qui concerne Saroia Galarraga " elle refait une peine qu'elle a déjà purgée, entièrement, entre 2002 et 2004". Saroia Galarraga a été placée à "l'isolement à Agen parce qu'elle a dénoncée les conditions de sa détention à la prison de Pau."
Après un dernier tour devant la prison, les militants ont repris le chemin du pays Basque après avoir passé plus de quatre heures près de leurs camarades. Une autre manifestation de soutien aux prisonniers basques est prévue, courant janvier 2008, devant les prisons de Poitiers et d'Angoulème.

Reportage paul.a.cuenca


Philippe Bidart : il a été jugé coupable de l'assassinat de deux CRS à Saint-Etienne-de-Baigorry en 1982 et du meurtre d'un gendarme à Biscarosse en 1987. Philippe Bidart a toujours clamé son innocence dans ces affaires. Il a été incarcéré durant 18 ans et a bénéficié d'une libération conditionnelle en février de cette année.

10/12/2007

Le "J'ACCUSE" des jeunes des banlieues

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Voilà je tombe dessus par hasard. Et je suis étonné. Il me semble que cette lettre au président de la République par un collectif de jeunes de Villiers-le-Bel et de Sarcelles n'a pas fait la Une des Médias. Une lettre qui ne fait pas dans la dentelle et qui précise "que les voyous sont celles et ceux qui ont géré les banlieues avec le succès qu'on constate" et non pas les habitants des banlieues.
Cette lettre a été écrite en réponse aux propos de Nicolas sarkozy qui avait affirmé que les violences urbaines de Villiers-le-Bel, après la mort des deux jeunes adolescents n'avaient "rien à voir avec une crise sociale" mais "tout à voir avec la voyoucratie".
Je vous livre la lettre du 6 décembre dernier, dans son intégralité :

"Collectif des Jeunes de Sarcelles et Villiers-le-Bel
"LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Quand en Corse cela explose quasiment chaque soir et que des gendarmeries sont mitraillés régulièrement, vous n'osez pas parler de voyoucratie.
Quand, des dizaines d'hommes et de femmes encagoulés et équipés d'armes de guerre, défient l'Etat tout entier, vous vous gardez bien de faire le moindre commentaire, et mieux encore, vous négociez avec eux.
Quand les marins-pécheurs brûlent dans leur région des bateaux et des pneus, quand les pompiers chargent les CRS pendant une manifestation, quand les chasseurs saccagent un ministère de la République, il n'est question ni de voyou, ni de bande, ni d'intégration.
Nous avons condamné sans ambiguïté l'usage de la violence sur les personnes comme sur les biens.
OUI nous avons voulu, au-delà de la douleur des familles et de la perte tragique des enfants, faire entendre nos voix une fois de plus pour vous alarmer sur les conditions de vie dans nos quartiers.
Et comment faire autrement ? Puisque les promesses électorales et les centaines de forums qui ont suivi la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-bois n'auront même pas suffit à vous faire bouger.
Mais s'il vous est toujours plus commode de vouloir monter nos concitoyens entre eux en nous faisant passer pour les sauvageons de la République, sachez que vous prenez le risque de jeterl e discrédit sur tous les habitants de ces quartiers et de renforcer par vos déclarations les discriminations dont nous sommes victimes.
Les voyous monsieur le Président, sont celles et ceux qui ont géré les banlieues avec le succès que l'on constate. Les voyous, monsieur le président, sont celles et ceux qui ont toujours refusé de nous considérer comme des enfants de France, de faire venir dans nos quartiers les meilleurs professeurs, de mettre plus de policiers dans nos villes qu'à Paris.
Puisque le durcissement des peines est à la mode, nous vous suggérons de vous pencher sur les entreprises, les bailleurs ou les partis politiques qui ne respectent pas le principe d'égalité de notre République.
Quant à nous, nous assumerons désormais nos choix en construisant nous même l'avenir de nos quartiers sans plus rien attendre de plans de banlieues jusque là tous imaginaires."

Que nous soyons d'accord ou pas avec les propos tenus dans cette lettre, il est évident que les Médias auraient dû relayer l'information pour tenter de renouer le dialogue avec une jeunesse qui se sent exclue, jour après jour, de la République. Mais bien entendu, les médias préfèrent faire leur Une sur des voitures en flammes, des bibliothèques saccagées, des voitures de police ou de pompier caillassées, c'est tellement plus porteur en terme d'audimat.

 
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