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06/06/2007

LE PIED DE NEZ DES SALARIES DE KRONENBOURG AUX HEURES SUPPLEMENTAIRES !

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 Nicolas Sarkozy, durant toute sa campagne électorale, a martelé un slogan qui est presque rentré dans les moeurs  :
TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS !
Durant des mois, les médias nous ont assené cette formule choc.. Pas un meeting, pas une réunion, pas un plateau télé, sans entendre ce slogan ...
Une fois élu, Nicolas Sarkozy a chargé son gouvernement de faire "fissa fissa" pour que ce slogan devienne réalité et que la fameuse réforme des heures supplémentaires soit opérationnelle au plus vite...
Mais voilà qu'hier, la presse se faisait l'écho d'une grève étonnante...
Ainsi, plusieurs centaines de salariés de la brasserie Kronenbourg  d'Obernai (Bas-Rhin) se sont mis en grève, lundi dernier, pour protester contre "les cadences infernales" et ..."les heures sup" obligatoires.
Et ce matin, le mouvement s'est durci après l'échec hier des négociations entre les syndicats et la direction. En effet les salariés ont refusé les propositions de la direction pour le motif qu'elles n'avaient strictement rien avoir avec  leurs revendications. Et du coup le mouvement s'est amplifié puisque le pourcentage des grévistes atteint actuellement 90% des effectifs, soit environ 350 salariés.
Les grévistes réclament une amélioration de leurs conditions de travail, avec notamment des embauches supplémentaires, une prime de 120 euros par mois pour chaque salarié. Par ailleurs, cerise sur le gâteau, les salariés protestent contre l'obligation de faire des heures supplémentaires. Et pour ce faire ils réclament que le principe du volontariat soit maintenu...
Le gouvernement devrait méditer sur cette grève qui surgit d'une façon subite, avant de faire adopter sa future loi...
Car peut-être a-il sous-estimé le fait que  les salariés de notre pays n'ont pas forcément envie de "travailler plus pour gagner plus", mais plus simplement de "travailler mieux et gagner plus"...  

04/06/2007

HOMMAGE A CES CLANDESTINS QUI MEURENT DANS L'INDIFFERENCE GENERALE

 

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- Nous n'avons plus rien à manger.

- Vendons ce qui nous reste.

- il ne nous reste rien.

- Le reste de ce reste.

- Rien.

- Vendons nos corps.

- Trop affaiblis, vieillis trop vite. Personne n'en voudra.

- Vendons nos vêtements, nos chaussures.

- Invendables.

- Des fantasmes, des idées dans l'air du temps.

- Ailleurs, on trouve mieux. Nous ne sommes pas compétitifs.

- Alors reste notre parole. Vendons notre parole.

- Non ! Elle n'est pas à vendre. Si nous la vendons, vendons aussi notre âme et cela nous tuera.

- Si nous la vendons un peu seulement, juste un peu, nous serons sauvés.

- Oui, mais très vite, nous vendrons le tout et nous inventerons uniquement des paroles vendables et nous en mourrons.

- Alors, dans les deux cas, nous allons en mourir.

- Oui, peut-être, mais dans un cas, nous serons dans la beauté pleine de notre liberté et dans l'autre, juste des cadavres.

- Certains n'en meurent pas.

- Parce que leur parole n'est pas la nôtre.

- Quelle est notre parole ?

- La liberté... 

 

03/06/2007

FETE DES MERES : UN GRAND MERCI AU MARECHAL PETAIN

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Ma maman, qui n'est plus sur cette terre depuis ... si longtemps, trop longtemps, nous répétait à satiété: "Tant que je serais en vie, à la maison, il est hors de question de célébrer cette fête !" Ce n'était pas une indication, mais une volonté qu'elle fit respecter, année par année.
Ma mère avait été résistante ( pas une grande, non, mais quand même une résistante) et par la suite militante féministe, peut-être un peu avant la grande heure du féminisme... De ce fait, elle considérait cette Fête des Mères comme une aliénation mise au goût du jour par le pétainisme dans un but précis : l'enfermement de la femme dans un rôle essentiellement maternel...
Vous imaginez bien, que dans ces conditions, célébrer la "fête" à cette date, n'était pas très opportun... Donc, nous n'avons jamais célébré cette fête des mères... Qui plus est, maman nous disait que nous n'avions absolument pas besoin d'une date anniversaire pour que nos liens familiaux, très solides et très forts, soient mis à l'épreuve du temps...

En ce jour où tous semble très consensuel, j'avais aussi envie de dire que cette célébration a une histoire. Et que cette histoire n'est pas très digne...  

29/05/2007

TABASSAGE D'UN SANS PAPIER : DES TEMOINS PARLENT

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Sommes-nous dans un état de droit ? Sommes-nous en démocratie ? Des questions toutes simples que nous devons nous poser, jour après jour. Car il ne suffit pas de se contenter de crier à la face du monde  "nous sommes le pays des Droits de l'Homme" pour se permettre de les bafouer en toute impunité. Ce qui s'est passé samedi, à bord du vol Paris-Bamako, aurait pu passé à la trappe de l'information, comme tant de fois, si ce jour-là, l'équipe du cinéaste Laurent Cantet ( Ressources Humaines, L'Emploi du Temps) ne s'était pas trouvée dans le même avion.
Cet avion qui, outre les passagers réguliers, devait embarqué un "sans papier en cours d'expulsion... Et c'est là, où toute l'affaire prend son ampleur.
Devant la violence des scènes qui se sont déroulées devant eux, Laurent Cantet, Michel Dubois et des membres de l'équipe du tournage ont couché leur témoignage par écrit.
Le voici, il est édifiant.


 TEMOIGNAGE DES PASSAGERS DU PARIS-BAMAKO

 

DU 26 MAI 2007

 
Samedi 26 mai. Vol AF 796 pour Bamako.
 

Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l’avion. Une reconduite à la frontière classique.

 

Deux personnes tentent de contenir un homme d’une quarantaine d’années qui se débat violemment. On croit d’abord à une bagarre entre passagers. Certains veulent les séparer mais en sont vite dissuadés par les policiers qui se font alors connaître. S’ensuit une scène d’une grande violence : l’un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l’autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n’a aucun effet sur les violences en cours.

L’un des passagers filme la scène avec son téléphone, ce qui énerve un peu plus la responsable de l’opération, qui menace d’arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires.

Pour tenter de faire taire tout le monde, la policière explique que l’homme n’est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice, soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et toute la violence exercée sur lui.

Sous les huées des passagers, l’homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l’évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l’homme est mort, ce qui fait encore monter d’un cran l’émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l’appareil, rajoutant à la confusion. C’est alors qu’une bonne dizaine d’agents de la Police des Air et des Frontière, la PAF, fait irruption dans l’appareil.

Désigné par la responsable de l’opération, Michel Dubois, qui comme nous tous avait pris part aux protestations, est débarqué pour auditions. D’autres passagers, choqués par cette arrestation, sont à leur tour menacés du même sort.

A bord, on nous demande vainement de nous rasseoir, de nous calmer mais beaucoup exigent le retour de Michel Dubois. Un des policiers, visiblement dépassé par la situation, nous propose alors un marché : Michel pourrait réembarquer à condition que l’expulsé remonte lui aussi à bord. La balle était donc dans notre camp, nous serions responsable du retard de l’avion, et même de l’éventuelle annulation du vol. Michel devenait clairement une monnaie d’échange

Cette proposition inacceptable est d’ailleurs tout de suite contredite par un policier de la PAF qui annonce la garde à vue de Michel Dubois et réitère ses menaces à l’égard des passagers qui campent sur leurs positions.

Le commandant de bord finit par faire une annonce, dans laquelle il fait état de "manoeuvres" d’un individu refusant d’être reconduit dans son pays d’origine, et de manifestations d’une minorité de passagers pour expliquer l’annulation du vol.

Nulle mention des violences dont nous avions été témoin, ni de l’état de santé du passager pourtant aperçu dans une ambulance stationnée au pied de l’appareil, toujours inconscient et sous assistance respiratoire.

 

Nous sommes nombreux, comme Michel Dubois, à être choqués par la barbarie de la scène, par le traitement excessivement violent qui a été infligé sous nos yeux à cet homme, fut-il repris de justice, (ce dont il nous est d’ailleurs permis de douter, puisqu’afin de ne pas attirer l’attention des autres voyageurs, les policiers avaient d’abord décidé de le faire voyager sans le menotter).

Nombreux aussi à avoir la désagréable impression d’avoir été pris en otage par les autorités et profondément choqués par l’attitude du Commandant de bord d’Air France qui n’est pas intervenu pour faire cesser ces violences les tolérant même au mépris de la sécurité des passagers qu’il se doit d’assurer et en prenant la responsabilité de faire annuler le vol empêchant du même coup des centaines de personnes de faire le voyage pour lequel elles avaient acheté un billet.

Nous sommes enfin révoltés d’avoir été contraints de devenir complices des policiers en obéissant aux différentes injonctions et menaces proférées à notre encontre. Devions-nous laisser se dérouler sous nos yeux des actes d’une telle brutalité ?

 

Pouvions-nous accepter l’arbitraire de l’arrestation de l’un d’entre nous dont le seul tort avait été de s’indigner et de parler avec les policiers pour tenter de faire cesser la violence ? Il y a là une pénalisation de la solidarité qui nous semble inadmissible et inquiétante quant à l’état de notre démocratie.

Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que cette scène est un cas isolé, une bavure en somme. Nous savons qu’elle se reproduit quasi quotidiennement, et nous tenons à manifester notre indignation en relatant les faits le plus exactement possible.

 

Michel Dubois a été relâché quelques heures plus tard, mais on l’a informé que des poursuites seraient engagées contre lui. Quant au passager Malien, nous n’avons aucune nouvelle de lui, et son état de santé ainsi que le sort qui lui sera réservé dans les prochains jours nous inquiètent au plus haut point.

Des passagers du vol AF 796.

 
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