L'Agence France Presse publie à la suite de cette déclaration une dépêche ( 19h 06) titrée :

"Darcos se lance dans une réforme du bac général.

Dés connue, cette dépêche provoque un tollé chez les syndicats de l'Education ... Il faut préciser que le ministre de l'Ediucation s'était engagé à ne pas annoncer de réforme avant ... 2008.

Devant les réactions des syndicats, un flottement envahit le cabinet de Xavier Darcos ... 

 Et voilà que ce dernier tente le tout pour le tout auprès de la direction de l'AFP pour faire modifier le titre de la dépêche ...

Et là, comme dans n'importe quelle république bananière, comme au "bon temps" de l'agence Tass à Moscou, la direction accepte de "reformater" la dépêche ... Et c'est ainsi qu'à 22h 06, la même dépêche refait son apparition ... avec la mention "CORRECTION"... Une dépêche non signée ... 

Et dans cette nouvelle dépêche "corrigée" Xavier Darcos ne .... lance plus rien du tout ! Avec une timidité certaine il se prononce "pour un rééquilibrage des trois filières du bac général..."

L'intersyndicale de l'AFP a publié un communiqué relatant en détail les pressions du cabinet du ministre... Un communiqué qui n'a pas été diffusé ... sur les fils de l'AFP !!!

Et voilà une nouvelle fois la liberté de la presse menacée par le pouvoir politique ... Un pouvoir politique qui, depuis l'élection de Nicolas Sarkozy commet bévue sur bévue ... Un pouvoir qui doit regretter l'époque ancienne , où le ministre de l'information avaiot un téléphone relié directement aux rédactions des chaînes publiques ... C'était il y a quarante ans ... Ah, mais c'est peut-être pour cette raison qu'ils souhaitent "liquider mai 68" ... pour revenir aux méthodes de l'avant mai ...

 Voici le communiqué de l'intersyndicale de l'AFP :

"L’AFP a subi jeudi soir une pression intolérable de la part du cabinet du ministre de l’Education nationale à laquelle la rédaction en chef au plus haut niveau a finalement cédé.

L’ensemble de la rédaction de l’AFP est indignée de cette conduite d’un autre temps et d’autres lieux.

Notre dignité de journalistes et la crédibilité de l’Agence en France et à l’étranger sont incompatibles avec une telle attitude qui laisse penser que nous deviendrions une vulgaire agence de com’ du gouvernement.

Jeudi au cours de l’émission de Bourdin sur RMC, répondant à une question, le ministre de l’Education Xavier Darcos évoque pour la première fois de manière précise des pistes d’une réforme du baccalauréat. Il reprenait ainsi une déclaration de la semaine précédente où il parlait d’une "réforme" du lycée.

Cette information, repiquée sous forme de factuel a ensuite fait l’objet d’un papier général d’éclairage, relu et validé à 19H00.

A publication, le directeur de cabinet du ministre a appelé Jean-François Vignolle, directeur-général de l’AFP qui n’est pas concerné par les questions rédactionnelles, pour lui demander de modifier le titre de la dépêche. Message transmis à la rédaction en chef France qui, après lecture de la dépêche incriminée, estime cette requête infondée, contacte l’auteure de la dépêche, puis compte tenu de l’insistance du ministère, renvoie plus haut dans la hiérarchie.

On attendrait de cette dernière qu’elle propose au ministère d’envoyer un démenti ou une mise au point.

Mais non et peu avant 22H00, le papier réapparaît, de l’origine de la rédaction en chef, avec la mention CORRECTION et pour seule explication "revoici avec titre corrigé", sans initiales de validation de la RDC. La version modifiée sans explication ni raison est diffusée, l’auteure, prévenue, ayant jeté l’éponge.

C’est inadmissible et pour tout dire honteux ! Pour l’Agence, ses journalistes et sa hiérarchie.

Nous attendons de cette dernière qu’elle assume avec courage ses responsabilités et défende avec plus de conviction le travail de ses journalistes pour que de tels errements ne se reproduisent pas.

SNJ, SNJ-CGT, FO, CFDT, Sud"