Avertir le modérateur

01/10/2007

NOUS SOMMES TOUS DES SANS-PAPIERS

On sonne à la porte ... On entend "Police" ... on ouvre la fenêtre, on suit son papa qui fuit, on glisse, on tombe, on reste dans le comas ... On est un petit tchétchéne, ukrainien, ivoirien, marocain, malien ... être humain !
On sonne à la porte ... On ne comprend pas ... Des coups, des coups de plus en plus forts, on ouvre, "Police" ... on fait tomber sa chaise, on bouscule la table, on ouvre la fenêtre, on glisse, on tombe, on est dans le comas ... on meurt... On est chinoise, algérienne, malienne, rom... être humain.
La cloche sonne, dans la cour de l'école on se dirige en riant vers la cantine... C'est l'heure du repas, l'heure tant attendu quand on a faim ... Les chaises se bousculent, on va manger, on ... non pas toi, ni toi, ni toi ... vous êtes des enfants de sans papiers, vous êtes des hors-la-loi, vous n'êtes pas dignes de manger avec les autres petits qui eux ont des papiers... allez ouste, pas de repas, vous êtes des enfants ... mais des enfants a qui un maire refuse ce simple geste de solidarité humaine, parce que ... parce que nous vivons dans un pays où les "sans" ne doivent plus vivre...
Allez ouste les "sans" !!!
Vous les "sans" travail, logement, papiers, soins, voix ... vous n'avez plus le droit à notre considération, vous êtes des étrangers, vous n'êtes même plus des êtres humains, vous êtes moins que des bêtes, allez ouste ... dégagez!
Nous étions autrefois le pays de la Révolution Française, de la Déclaration des Droits de l'Homme, de la Liberté, de la Fraternité, de l'Égalité ...
Oui mais c'était autrefois ... Il y a bien longtemps...
Maintenant nous voilà devenu un pays moderne, un pays libéral...
Pourtant j'ai l'impression d'être revenu un peu en arrière, vous savez à cette époque, oh, pas si lointaine que ça, où des êtres humains, qui vivaient en France, qui étaient français ou pas, devaient porter un signe distinctif sur la poitrine parce qu'ils n'étaient pas très catholiques... parce qu'ils avaient "le tort" d'être juifs... et pour d'autres encore parce qu'ils avaient "le tort" d'être communistes, républicains espagnols, homosexuels, roms ... où que sais-je encore ... Eux aussi, souvent n'avaient pas de papiers, eux aussi tremblaient quand ils entendaient des coups à la porte, quand ils entendaient les pas dans la cage d'escalier, eux aussi de temps en temps bousculaient des chaises, faisaient tomber la table de la cuisine, ouvraient la fenêtre, glissaient sur la gouttière et mouraient sur le pavé ...
J'ai passé mon enfance à entendre dans ma famille des histoires d'êtres humains livrés à la gestapo, aux collaborateurs parce qu'ils avaient le tort d'être juifs, communistes ...
J'ai cru que ces temps étaient révolus ...
Hélas je crois que je me suis trompé ...
Dans ces moments-là, je pense à ce grand père maternel, répubicain espagnol, fusillé par les franquistes, à ce grand père paternel entré dans la résistance pour ne pas porter un signe distinctif, à ce père risquant sa vie pour aider l'autre, l'étranger ...
Parce que dans notre famille, l'étranger n'a jamais été un étranger, il a toujours été considéré comme un être humain ...
Alors, reprenant ce superbe slogan de Mai 68 qui proclamait "nous sommes tous des juifs allemands", je pense qu'il serait temps que nous descendions dans la rue pour affirmer que "nous sommes tous des étrangers, que nous sommes tous des sans papiers..."
anti_bug_fck

11/08/2007

IL FAUT ARRETER LA CHASSE AUX SANS-PAPIERS

 

medium_medium_Affiche_RESF_93.jpg

 

Je suis scandalisé par cette chasse aux sans-papiers qui, en plein mois d'aout prend des  allures de rafle ... et qui nous rappelle les sombres moments de notre histoire contemporaine. Un enfant de douze ans est entre la vie et la mort. Un enfant de 12 ans est dans le coma. Un enfant de douze ans a eu peur. Un enfant de douze ans a chuté du quatrième étage d'un immeuble par peur. Ivan est un sans-papier. Ivan est dans le coma à cause d'une politique d'expulsions qui tente de battre des records. Record d'arrestation, record d'expulsion. Cette politique d'expulsions massives avec des arrestations à domicile est une honte pour la France. J'ai honte de mon pays. J'ai honte, parce que dans ma famille on a connu aussi des arrestations à domicile. C'était il y a bien longtemps. Et dans notre famille on pensait que plus jamais personne, en France, connaitrait de tels agissements. Nous nous sommes trompés. J'ai le coeur serré devant cette politique qui me fait honte. Je pense aux miens qui ont été arrêtés "légalement" par des policiers français et qui ne sont jamais revenus. J'ai cru que cette époque était révolue. A tort ! Nous devons réagir. Au nom de la République. Nous ne devons pas laisser faire ces rafles honteuses au nom de tous ceux qui se sont battus pour que la France reste à jamais le pays des Droits de l'Homme.

VOICI L'APPEL LANCÉ PAR LE RESEAU EDUCATION SANS FRONTIERES (RESF)

"ON NE PRATIQUE PAS LA CHASSE À L’ENFANT SANS « DÉGÂTS COLLATÉRAUX" 

"C’est un enfant, il a douze ans, il est  entre la vie et la mort à Amiens. Il aurait pu être Chinois, être plus âgé, et  le drame aurait pu avoir lieu à Dôle, Lyon, Lille ou n’importe où en  France. Ce n’est pas un accident. C’est l’effet direct et inéluctable de la  politique imposée aux préfectures et aux policiers par le  gouvernement. Les services sont soumis à des quotas en matière  d’interpellation (125 000 exigés par le ministre en 2007) et d’expulsions (25  000).Oui, les sans-papiers sont  pourchassés par la police. Jusque chez eux.D’autres drames, moins spectaculaires,  se déroulent partout en France : à l’heure où nous écrivons, 10 parents  (pères ou mères) d’enfants scolarisés sont placés en centre de rétention par la  préfecture de police de Paris, en attente de leur expulsion pendant qu’à la  maison le parent échappé à la rafle et les enfants sont dévorés  d’inquiétude devant leur avenir de demi-orphelins. A Metz, un autre père de  famille risque l’expulsion par l’Allemagne vers  la Mongolie. Et on pourrait  poursuivre cette liste qui dénombrera toujours en deçà de la réalité  arrestations et expulsions, familles déchirées et vies  brisées….Le Réseau sans frontières est fier de  défendre ces familles, ces enfants ; il s’efforce de construire la  solidarité nécessaire, même en cette période où l’Etat, quoiqu’il en dise, en profite pour mettre les bouchées doubles. 
Les enfants de ce pays, où leurs  familles sont venues chercher tolérance et liberté ont le droit de vivre comme  tous les enfants, sans la peur quotidienne au ventre, de même que leurs  parents.
Il faut mettre fin aux expulsions, et  aux pratiques auxquelles les forces de police se livrent, et donner à ceux qui vivent à nos côtés  le droit au séjour..."

http://www.educationsansfrontieres.org










 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu